Garmendia, Maneros Zabala, Salaberria. Processus et méthode

31 octobre, 2013 – 16 février, 2014

Savez-vous que…?

Le saviez-vous… ? Si vous visitez l'espace didactique de cette exposition, vous pourrez découvrir les méthodes de travail de chaque artiste et les thèmes-clé de l'exposition tels que : « Histoire », « Processus » ou « Appropriation ».

Nous vous présentons ci-après quelques extraits des interviews réalisées à Iñaki Garmendia (Ordizia, 1972), Erlea Maneros Zabala (Bilbao, 1977) ou Xabier Salaberria (Donostia, 1969) à l’occasion de cette exposition, dans lesquelles ils nous donnent leur avis sur ces questions.

 

« (…) dans mon travail, tous les “documents photographiques” ont été manipulés, comme pour se rebeller contre l’idée de représentation objective. (…)

Au final, la documentation de ce phénomène en particulier, la réalisation de la chronique des panneaux publicitaires de Los Angeles tout au long de ce mois, a évolué vers une allégorie de notre perception de la crise économique internationale qui s'installait progressivement. Il y avait une négation systématique et généralisée de la profondeur de la crise économique qui reflétait quelque chose de plus grave : notre incapacité à reconnaître les erreurs fondamentales de l'autorégulation et du système capitaliste néolibéral du marché libre et à nous interroger sur l'adéquation du système à la durabilité d'une économie qui ne cesse de croître. »

Erlea Maneros-Zabala
Fragment d’entretien réalisé par Renaud Proch


« J'aimerais me référer à mes travaux en les inscrivant dans la typologie de vidéos de couple, de groupe ; je les appelle des vidéos "de laboratoire". Lorsque j'implique des personnes, je ne peux pas improviser, me laisser porter, comme je le fais dans d'autres cas ; comme c'est moi qui décide, dirige et le plus souvent filme l'action, j'ai besoin d'un plan de tournage. (…)

Dans les vidéos de laboratoire, je ne suis pas un répertoire de films aussi fermé ; dans ces cas-là, l'action se produit par réaction empathique avec l'objet, en réponse à une logique autoréférentielle dans laquelle l’objet et le sujet filmé se fondent en un.

Si on s’en tient à cette considération, il n’y a pas de métaphore possible au-delà de l'apparence des choses. »

Iñaki Garmendia
Fragment d’entretien réalisé par Leire Vergara

 

« Je pense que l'histoire aussi a pu être contée à travers des monuments, des expositions, etc. J'utilise des références qui me servent de prétexte à faire quelque chose. J'essaie de mettre en pratique une idée mentale abstraite appliquée à une situation concrète. Je tiens compte du contexte et du lieu. Les références culturelles et les associations subjectives transforment ces matériels en versions tergiversées, provoquant un déplacement des ordres disciplinaires.

Pendant le déroulement du travail, j'aime à un certain moment inverser le processus. Ça ne se termine jamais comme ça a commencé. Des voies s'ouvrent sur des situations inattendues. Je ne défais pas ce que j’ai fait, non : le parcours en sens inverse te permet de prendre conscience et de voir surgir d’autres possibilités.

On pourrait dire que c'est la mise en pratique d'un schéma mental qui, pour une raison que j'ignore, est emprisonné. J'imagine que cela peut tenir à la mémoire et à ses mécanismes interprétatifs, aux expériences et aux faiblesses…Oui, comme tu dis, je le fais de manière graphique, sans partir d’une perspective historique concrète. »

Xabier Salaberria
Fragment d’entretien réalisé par Lars Bang Larsen

 

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